Camus

La chute, 60 X 107 cm , 14 exemplaires. « Supposez, après tout, que quelqu’un se jette à l’eau. De deux choses l’une, ou vous l’y suivez pour le repêcher et, dans la saison froide, vous risquez le pire ! Ou vous l’y abandonnez et les plongeons rentrés laissent parfois d’étranges courbatures. Bonne nuit ! »
L’Étranger 1, 60 X 107 cm , 14 exemplaires. « Ce jour-là, après le départ du gardien, je me suis regardé dans ma gamelle de fer. Il m’a semblé que mon image restait sérieuse alors même que j’essayais de lui sourire. Je l’ai agitée devant moi. J’ai souri et elle a gardé le même air sévère et triste. Le jour finissait et c’était l’heure dont je ne veux pas parler, l’heure sans nom, où les bruits du soir montaient de tous les étages de la prison dans un cortège de silence. « 
L’Étranger 2, 60 X 107 cm , 14 exemplaires. « Comprenait-il, comprenait-il donc ? Tout le monde était privilégié. Il n’y avait que des privilégiés. Les autres aussi, on les condamnerait un jour. Lui aussi, on le condamnerait. »
Le mythe de Sisyphe 1. 60 X 107 cm , 14 exemplaires. « Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Le reste, si le monde a trois dimensions, si l’esprit a neuf ou douze catégories, vient ensuite. Ce sont des jeux. »
Les Justes 1, 60 X 107 cm , 14 exemplaires. » DORA, d’une voix changée, égarée: Ne pleurez pas. Non, non, ne pleurez pas ! Vous voyez bien que c’est le jour de la justification. Quelque chose s’élève à cette heure qui est notre témoignage à nous autres révoltés : Yanek n’est plus un meurtrier. Un bruit terrible ! Il a suffi d’un bruit terrible et le voilà retourné à la joie de l’enfance. Vous souvenez-vous de son rire ? Il riait sans raison parfois. Comme il était jeune ! Il doit rire maintenant. Il doit rire, la face contre la terre ! »
Caligula 2, 60 X 107 cm , 14 exemplaires.   « La solitude ! Mais non, Scipion. Elle est peuplée de grincements de dents et tout entière retentissante de bruits et de clameurs perdues. Et près des femmes que je caresse, quand la nuit se referme sur nous et que je crois, éloigné de ma chair enfin contentée, saisir un peu de moi entre la vie et la mort, ma solitude s’emplit de l’aigre odeur du plaisir aux aisselles de la femme qui sombre encore à mes côtés. »
L’Exil et le royaume, 60 X 107 cm , 14 exemplaires.    » Il se leva, donna la lumière qui la gifla en plein visage. Il marcha en tanguant vers le lavabo et but longuement à la bouteille d’eau minérale qui s’y trouvait. Il allait se glisser sous les draps quand, un genou sur le lit, il la regarda, sans comprendre. Elle pleurait, de toutes ses larmes, sans pouvoir se retenir. » Ce n’est rien, mon chéri, disait-elle, ce n’est rien. »
La chute 2, 60 X 107 cm , 14 exemplaires.   « Allons, ne cherchez plus. Mon métier est double, voilà tout, comme la créature. Je vous l’ai déjà dit, je suis juge-pénitent. Une seule chose est simple dans mon cas, je ne possède rien. Oui, j’ai été riche, non, je n’ai rien partagé avec les autres. Qu’est-ce que cela prouve ? Que j’étais aussi un saducéen… Oh ! entendez-vous les sirènes du port ? Il y aura du brouillard cette nuit, sur le Zuyderzee. »
L’Étranger 3, 60 X 107 cm , 14 exemplaires.   « La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J’ai secoué la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût. Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur. »
Noces 2, 60 X 107 cm , 14 exemplaires.   « Entré dans l’eau, c’est le saisissement, la montée d’une glu froide et opaque, puis le plongeon dans le bourdonnement des oreilles, le nez coulant et la bouche amère – la nage, les bras vernis d’eau sortis de la mer pour se dorer dans le soleil et rabattus dans une torsion de tous les muscles ; la course de l’eau [16] sur mon corps, cette possession tumultueuse de l’onde par mes jambes – et l’absence d’horizon. Sur le rivage, c’est la chute dans le sable, abandonné au monde, rentré dans ma pesanteur de chair et d’os, abruti de soleil, avec, de loin en loin, un regard pour mes bras où les flaques de peau sèche découvrent, avec le glissement de l’eau, le duvet blond et la poussière de sel. »
L’été 2, 60 X 107 cm , 14 exemplaires. « Au centre de notre œuvre, fût-elle noire, rayonne un soleil inépuisable, le même qui crie aujourd’hui à travers la plaine et les collines. Après cela, le feu d’étoupes peut brûler ; qu’importe ce que nous pouvons paraître et ce que nous usurpons ? Ce que nous sommes, ce que nous avons à être suffit à remplir nos vies et occuper notre effort. »
Noces 1, 60 X 107 cm , 14 exemplaires. » Il y a des peuples nés pour l’orgueil et la vie. Ce sont ceux qui nourrissent la plus singulière vocation pour l’ennui. C’est aussi chez eux que le sentiment de la mort est le plus repoussant. Mise à part la joie des sens, les amusements de ce peuple sont ineptes. Une société de boulomanes et les banquets des « amicales », le cinéma à trois francs et les fêtes communales suffisent depuis des années à la récréation des plus de trente ans. «

Camus

 

C’est accompagné des oeuvres d’Albert Camus, que j’ai parcouru en 2013  les rues d’ Evry pour y composer les photographies de mon exposition « Camus ».  Essais philosophiques, romans ou pièces de théâtre, la profondeur de la pensée de Camus évoque des images de révoltes contre l’injustice et la violence, des rêves de nature et de corps, un sentiment de l’absurde vaincu par le désir. Evry fut la scène où j’ai transposé ces passions, au sein de la cité, du béton ou encore de la forêt en bord de Seine. Les personnages et leurs gestes, le paysage et l’architecture, les objets et la lumière construisent le souvenir d’un livre.

Une création en réponse à une commande de La Communauté d’agglomération Evry Centre Essonne, pour  l’inauguration de la médiathèque Albert Camus.

Un achat de l’ Artothèque d’Evry.

Avec la participation des comédiens de l’ EDT 91, et notamment du groupe 8